Art indien/Le Culte

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« [Les Grecs] ont consacré (…) au développement des rites du service divin, une force extraordinaire, temps et argent compris ; si chez les Athéniens le sixième de l’année consistait en jour férié (…), si les Tarentins avaient même davantage de jours fériés que de jours ouvrables, ce n’est pas seulement un signe de luxe ou de paresse, ce n’était pas du temps dilapidé en pure perte. L’ingéniosité à penser, à unir, à interpréter, à transformer dans ce domaine a été le fondement de leur πὀλις [cité], de leur art, de toute leur puissance de fascination et de maîtrise du monde. Ce n’est pas en tant que littérature que les Grecs se sont assujetti les Romains et l’Orient, mais en tant que phénomène splendide se manifestant dans les processions, les temples, l’appareil du culte, d’une façon générale en tant qu’Hellènes célébrant des fêtes ; leur « littérature classique » avec le chant du chœur, la tragédie, la comédie, a même grandi pour une bonne part sur le sol du culte ou en prolongement de celui-ci. On peut se demander si une époque comme la nôtre, qui tient sa puissance des machines et du développement de la guerre, applique sa force d’une façon globalement plus utile. »
– F. Nietzsche, Le Service divin des Grecs (Cours magistral de l’hiver 1875/76), « Antiquité du culte religieux des Grecs »).