Chanson des Vaudois

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Chanson des VaudoisCharles Ferdinand Ramuz

 
Chanson des Vaudois



Il nous fallait des fusils :
vite, on a été les prendre ;
l’ouvrier sans son outil
Ferait mieux d’aller se pendre.

On nous a dit : « La frontière,
ça n’est pas assez marqué,
faites y un mur de pierre,
cimenté, recimenté. »

Faites-y une muraille,
où il n’y ait pas de trou... »
Dites-m’en une qui vaille
Celle de ceux de chez nous.

Cent mille hommes, deux cent mille,
trois cent mille, s’il le faut,
un joli mur de poitrines :
des poitrines, pas de dos.

Blanc ? présent, Belet ? de même,
et Belet qui touche Blanc,
ça vous fermé la plaine,
du levant jusqu’au couchant.

Et, derrière, la montagne,
mais y en a-t-il besoin ?
Après Belet vient Chavannes
et plus loin vient Parmelin.

Et tous se sentent les coudes,
et, quand le cœur bat à un,
chez très tous le cœur leur bouge,
ayant mille cœurs chacun.

Alouette, monte vite
voir si l’ennemi viendrait ;
nous, on a bourré nos pipes,
c’est vous dire qu’on est prêts.

*

Et on écrira à celles
qui restent à la maison ;
Faites-vous seulement belles
pour le retour des garçons.

*

Pleurer, ça fait les yeux rouges,
les garçons seraient déçus ;
gardez-nous des joues bien douces,
qu’on mette un baiser dessus.

*

Qu’on vous trouve toutes prêtes
et sentant bon le savon ;
et on dera une fête
qui tiendra tout le canton.

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