Pavlovisme et Psychologie

Free texts and images.
Jump to: navigation, search
Pavlovisme et Psychologie
written by Henri Wallon
1955
  • Pavlovisme et Psychologie

II y a cinq ans s'est tenu à Moscou une conférence de psychologues soviétiques où fut discutée l'orientation qu'ils devaient donner à leurs recherches. La conclusion fut que les idées de Pavlov y tenaient trop peu de place et devraient être systématiquement étendues à l'étude de l'homme et plus particulièrement à celle de l'enfant. Ce conseil a été suivi. Ce sont quelques-uns des travaux parus sous cette inspiration qui sont aujourd'hui publiés par les Editions de la Nouvelle Critique (2). On verra qu'ils ne sont pas une simple application des procédés utilisés, au laboratoire, sur les chiens, mais que la science soviétique est en perpétuel devenir et qu'à l'étape d'hier se substituent sans cesse de nouvelles étapes (3). D'ailleurs, Pavlov avait lui-même ouvert de larges perspectives et indiqué qu'il existe chez l'homme un système de réflexes conditionnels différent du système qui lui est commun avec l'animal, mais capable d'interférer avec lui et de le modifier profondément : le système du langage.

Les conclusions auxquelles les expériences de Pavlov l'ont conduit s'insèrent très exactement dans les cadres du matérialisme dialectique, qui pose simultanément l'unité fondamentale du réel et son évolution vers des formes d'existence de plus en plus différenciées, vers des systèmes d'actions et de réactions plus complexes et plus spécifiques.

Pavlov est parti du modèle d'activité nerveuse le plus banal, le plus élémentaire : le circuit qui mène l'excitation de l'organe récepteur à l'organe effecteur, glande ou muscle, en la faisant passer par une cellule ou un groupe de cellules nerveuses. C'est là ce qui s'appelle un réflexe, que Pavlov loue Descartes d'avoir le premier décrit. Mais avec le réflexe Descartes n'a su construire que des automates ; les animaux sont pour lui des machines entièrement dépourvues de conscience et de sensibilité. Aussi doit-il, pour rendre compte de l'homme, de sa volonté et de son intelligence, imaginer un second principe entièrement distinct de la matière, celui de l'esprit ou de la pensée. En effet, tant que chaque réflexe est défini de façon rigide comme le trait d'union entre une excitation et une réaction spécifiques, comment pourrait-il, par simple combinaison avec d'autres, expliquer la souplesse et la diversité du comportement ?

(1) Article extrait de « La nouvelle critique », juillet-août 1955.

(2) Questions Scientifiques, VI, Psychologie, Activité Nerveuse Supérieure, 192 p., 500 francs.

(3) Voir notamment Rubinstein, Problèmes de théorie psychologique, ouvrage cité.

Le passage du physiologique au psychique, leur unité fondamentale demeurent un simple postulat ou un mystère. Les solutions données à cette difficulté ont été diverses, mais toutes peu satisfaisantes et vagues. Certains neurologistes, répugnant au dualisme explicite de Descartes, se sont réfugiés, comme Sherrington, dans un agnosticisme plus ou moins imprégné de mysticisme ; d'autres ont attribué à l'ensemble ce que la somme des parties ne leur semblait pouvoir donner.

Ainsi Lashley considère l'activité du cerveau comme une activité de masse, dont les déficiences sont dues à la quantité de substance nerveuse détruite et non à la structure ni à la localisation des éléments disparus. Ainsi Goldstein, inspiré par les conceptions gestaltistes, voit dans les réflexes des réactions partielles qui s'expliquent d'en haut par l'acte où ils sont intégrés et il remonte, d'ensembles en ensembles toujours plus vastes, depuis les plus élémentaires jusqu'aux ensembles cosmiques.

Pavlov n'a pas admis cette fuite devant l'explication. Il n'a jamais voulu fonder ses conclusions que sur des constatations précises. S'il fait des réflexes la base du comportement et de la vie psychique, c'est qu'au lieu d'en réaliser l'analyse en quelque sorte statique, comme l'horloger démonte les parties d'une montre, il ne les a jamais séparés des circonstances où ils se produisent. Il a ainsi remarqué qu'ils ne sont pas immuablement liés à leurs seuls excitants spécifiques, mais que, suivant l'occasion, ils peuvent être provoqués par des impressions quelconques. Il a été ainsi amené à distinguer deux sortes de réflexes : ceux qui sont provoqués par des excitations qui leur sont propres : par exemple les mouvements de happer, de mastiquer ou de déglutir et les sécrétions salivaires ou gastriques par la présence des aliments. Ce sont là des réflexes biologiques que l'individu hérite de l'espèce.

Ils sont comme inscrits dans son organisme et sont assimilables à des instincts. Leur siège est dans la moelle épinière, dans le tronc cérébral et dans les formations sous-corticales. Mais à ces réactions fixées par l'évolution phylogénétique, l'écorce cérébrale des grands hémisphères superpose ce que Pavlov a appelé l'Activité Nerveuse Supérieure. Là affluent non seulement les impressions sensorielles qui sont en rapport avec le monde extérieur, mais aussi celles qui répondent aux différentes actions dont l'organisme est le siège et par conséquent aux actions réflexes de toutes sortes. Entre les unes et les autres, des liaisons peuvent s'établir, de telle sorte qu'ultérieurement l'excitant spécifique peut être remplacé par l'excitant quelconque qui lui a été lié. Ce nouveau réflexe a été appelé par Pavlov réflexe conditionnel et le réflexe primitif ou spécifique réflexe inconditionnel.

La découverte de l'A.N.S. a permis de surmonter des discontinuités qui altéraient l'unité psycho-biologique de l'être vivant : celle du physiologique et du psychique, puisque chaque fonction biologique cesse d'être purement organique et entre en relation avec le milieu extérieur par l'intermédiaire des excitants conditionnels ; celle des fonctions végétatives et du comportement sensori-moteur qui étaient imputés à deux appareils nerveux distincts, les unes au système dit autonome, l'autre au système cérébro-spinal, puisque les deux s'unissent, tout au moins dans le cortex ; celle qui semblait couper l'humanité du monde animal, puisque l'activité conditionnelle leur est commune sur le plan perceptif. La différence entre les deux n'est plus de nature ; elle tient au niveau de leur évolution respective. Pavlov n'a pas méconnu l'immense distance qui les sépare maintenant et qui ne cesse de croître, mais il l'explique autrement que par des hypothèses métaphysiques ou religieuses.

Sa tâche essentielle a été de déterminer avec la précision la plus minutieuse quels sont les mécanismes de l'activité conditionnelle, de montrer qu'elle est présente dans tous les processus psychiques ; qu'elle en est le soubassement indispensable. A l'aide de deux ou trois grandes lois, strictement déduites de ses observations : irradiation et concentration de l'excitation, induction réciproque de l'excitation et de l'inhibition, inhibition discriminative par non-renforcement de l'excitant conditionnel, il a pu rendre compte des effets les plus variés et montrer comment d'actions parcellaires, réagissant les unes sur les autres, il résulte des comportements très divers où se combinent les incidents de la situation présente, les expériences passées du sujet et son type individuel d'A.N.S.

Trois ordres de recherches se sont offertes aux psychologues soviétiques qui ont entrepris d'appliquer à l'étude de l'homme et de l'enfant les conceptions et les méthodes de Pavlov. Les deux premières sortes ont été de vérification et de comparaison, elles sont plutôt le fait de ceux qui ont été les collaborateurs directs de Pavlov, en tète desquels Krasnogorski et Ivanov-Smolenski. Elles portent d'une part sur l'aptitude des enfants à former des réflexes conditionnels, d'autre part sur les types d'A.N.S. observables chez l'homme. La troisième espèce s'attache aux formes particulières que prend l'activité conditionnelle principalement quand intervient le langage.

Il semble que très tôt, dès la deuxième ou la troisième semaine après la naissance, des réflexes conditionnels apparaissent chez le nourrisson, quand il est mis en position de téter : l'excitant conditionnel appartient alors à la sensibilité posturale. L'odorat peut en fournir entre deux à trois mois. A deux mois, l'enfant peut réagir différemment à deux sons distants d'une octave et à trois mois il distingue entre deux lumières de couleurs différentes. Le réflexe alimentaire n'est pas le seul qui puisse être conditionné. Il a été utilisé par Krasnogorski, comme Pavlov, en raison de sa commodité: pour mesurer l'intensité du réflexe, il suffit de compter les gouttes de salive qui s'écoulent, la fistule pratiquée sur le chien étant remplacée par une ampoule introduite dans la bouche de l'enfant.

Le clignement des paupières, réflexe de défense, peut être utilisé, en associant l'excitant conditionnel à un courant d'air dirigé sur l'oeil. Un autre réflexe peut de façon précoce donner lieu à des liaisons conditionnelles, c'est le réflexe « d'animation » (Elkonine) (1), autrement dit, le réflexe qui fait refléter par le visage ou par les vocalises de l'enfant le sourire ou la voix grondeuse de la mère. Combien de situations qui lui ont ainsi été rendues fastes ou néfastes, sont devenues louables ou coupables ! C'est là une sélection qui s'opère très tôt entre ses propres conduites ou entre les choses de son entourage.

(1) Elkonine, Physiologie de l'A.N.S. et psychologie de l'enfant, ouvrage cité.

Un peu plus tard, au début de la deuxième année, commence à poindre le réflexe d'orientation-investigation. Pavlov avait noté combien il est tumultueux et mobile chez le singe, au point de rendre l'expérimentation très difficile. Chez l'enfant il est, dès le début, mieux discipliné, bien que suscité par tout ce qui est nouveau. Mais ainsi il s'entretient de lui-même, car il lui appartient de faire surgir des nouveautés dans l'objet examiné et manipulé. Ainsi conquiert-il une sorte d'autonomie fonctionnelle. Ses niveaux sont d'ailleurs très divers et vont de la simple exploration sensorielle à l'observation méthodique, à l'observation dirigée. Ici interviennent évidemment d'autres composantes, mais d'origine semblable. Des expériences sur les réflexes conditionnels ont montré qu'il est possible d'unir deux stéréotypes différents et constitués séparément, l'un servant de guide à l'autre. Dans le cerveau de l'adulte, à plus forte raison dans celui du savant, se sont constituées une grande diversité de stéréotypes, qui peuvent à l'occasion devenir tour à tour, selon les situations ou les problèmes, des stéréotypes conducteurs.

Le nombre de réflexes fondamentaux, ou inconditionnels, susceptibles de se manifester chez l'homme aux différents âges de sa vie, n'est pas limité à ceux qu'ont utilisés Pavlov et ses continuateurs dans leurs recherches sur les lois de l'A.N.S. Tout besoin essentiel a ses réactions bio-psychiques et peut les lier à des circonstances propices, que viennent à lui désigner certains de leurs traits, devenus excitants conditionnels. C'est, disent les auteurs soviétiques, de l'ontogenèse. Elle met en évidence, actualise et peut même modifier les dispositions natives du sujet et son type d'A.N.S. qui n'en reste pas moins une des composantes capitales de son comportement.

Dans quelle mesure les quatre types que Pavlov a distingués chez le chien, et qui sont d'ailleurs conformes aux quatre tempéraments d'Hippocrate, se retrouvent-ils chez l'homme ? (1). Certains auteurs soviétiques pensent qu'ils sont trop sommaires et répondent mal à la diversité des cas. D'autres, comme Krasnogorski, voudraient en déplacer quelque peu les limites et insister sur des différences qui semblent particulièrement importantes chez l'homme, celle entre autres des activités corticales et sous-corticales. Aux deux types « équilibrés » de Pavlov, le « sanguin » et le «flegmatique », c'est-à-dire celui où domine l'excitation et celui où l'inhibition est prépondérante, Krasnogorski (2) propose de substituer un type « central » qui se signale par l'équilibre des processus corticaux et sous-corticaux, et un type « cortical » où l'emporterait le contrôle du cortex. A ce dernier s'opposerait le type « sous-cortical » caractérisé par l'impulsivité des instincts. Il répondrait assez bien au type « colérique » de Pavlov. Enfin, le type « mélancolique » devient le type « hypoergique » de Krasnogorski.

(1) Voir Ivanov-Smolenski, Etude des types d'A.N.S. chez l'animal et chez l'homme, ouvrage cité.

(2) Krasnogorski, Particularités typologiques de l'A.N.S. des enfants, ouvrage cité.

Ces différences paraissent être plus de dénomination que de fond. Ce qui introduit une distinction essentielle entre l'espèce humaine et les autres, c'est l'apparition du langage. En l'appelant second système de signalisation, le premier système commun aux hommes et aux animaux étant l'ensemble des excitants conditionnels sur le plan perceptif, Pavlov a montré tout à la fois ce qu'ils ont d'homogène et d'hétérogène. Dans l'espèce humaine, la parole a rendu les rapports sociaux et les progrès de la civilisations qui peuvent en résulter, plus faciles, plus divers et plus stables.

Elle en a fixé les acquisitions et rendu possible la transmission de génération en génération. Dans le développement de l'enfant, elle survient comme un de ces besoins fonctionnels autour desquels cristallise l'expérience de l'individu, sous forme d'excitants conditionnels. Mais elle a une portée infiniment plus vaste que toute autre. Par les sensations auditives et kinesthésiques liées à la voix, elle appartient sans doute au domaine de la perception et il est probable qu'elle commence par agir comme signal du premier système.

Mais très vite l'usage qui en est fait dans l'entourage et à propos de l'enfant implique des conséquences et des significations qu'il va s'efforcer de découvrir. La compréhension exacte et différenciée du mot et de la phrase suppose des étapes qui s'étendent bien au-delà de la première enfance, mais qui l'introduisent sur un plan nouveau, celui des pures représentations, puis des idées et enfin des opérations les plus abstraites de l'intelligence. Le langage est le support de la pensée. Il n'y a pas de pensée sans langage. D'où l'attention croissante que lui vouent les psycho-pédagogues soviétiques. Pour en bien saisir les attaches originelles et concrètes, ainsi que les exigences éducatives, il n'est pas inutile d'y voir un système de signes au second degré ou, suivant l'expression de Pavlov, des « signes de signes », cette superposition se poursuivant depuis le langage courant jusqu'au langage abstrait des mathématiques.

L'important est qu'il ne se produise pas de lacunes entre ses échelons successifs. Bien des « inaptitudes » chez l'écolier ne sont pas dues à autre chose qu'à une rupture dans la suite des significations, à l'absence de quelques « stéréotypes » indispensables. Le maître doit rechercher minutieusement ceux qui peuvent faire défaut. Le négliger serait faire buter l'enfant contre des difficultés croissantes et finalement insurmontables.

Ivanov-Smolenski, un des premiers parmi les collaborateurs de Pavlov qui ait étudié les rapports réciproques des deux systèmes de signalisation, a insisté sur l'efficacité du renforcement verbal pour fixer une liaison conditionnelle quelconque. Mais les liaisons verbales elles-mêmes ne sont pas quelconques. Elles sont bien, effectivement, en rapport avec les liaisons qui se produisent dans le premier système et sont ainsi le reflet des rencontres quelconques qui constituent l'expérience commune, mais en même temps elles impliquent des liaisons qui sont propres au second système.

L'irradiation qui se produit par contiguité sur le plan des excitations perceptives entraîne de plus une généralisation électives sur celui du langage, c'est-à- dire sur celui des représentations, des idées et des concepts. Leurs implications mutuelles ou hiérarchisées sont la fonction propre de la pensée dont le langage est l'instrument. C'est vraisemblablement dû aux multiples stéréotypes dont la formation est liée à l'acquisition du langage. Les liaisons entre stéréotypes nouveaux et préexistants qui s'observent déjà sur le plan perceptif paraissent devenir l'essentiel avec le second système de signalisation.

Elles se font dans deux directions : horizontale entre données brutes de l'expérience, verticale entre images et concepts. Entre les deux les interactions sont continues. Le second système a ses racines dans le premier et en spécifie les cadres.

De là résultent des différences majeures entre les réflexes conditionnels chez l'homme et chez l'animal. Déjà, avant l'âge de la parole, s'ils commencent par être très labiles, on constate aussi qu'il suffit souvent d'une seule rencontre entre l'excitant conditionnel et l'inconditionnel pour constituer la liaison, qu'ils deviennent aisément de positifs négatifs et inversement, que les réflexes de trace, c'est-à-dire à effet retardé par suite du retard introduit, lors de leur formation, entre l'existant conditionnel et l'inconditionnel sont facilement obtenus chez l'enfant, difficilement chez l'animal. Cela semble dû aux structures plus différenciées du cortex. Mais les structures de la parole se superposant aux autres, les liaisons peuvent devenir, de purement empiriques et temporaires, systématiques et stables. Aussi le pédagogue doit-il veiller à leur exactitude, c'est-à-dire à la concordance entre le langage de l'enfant et ses expériences, de même qu'aux implications correctes entre les mots et les idées.

Le second système de signalisation superpose, en effet, aux relations souvent fortuites des circonstances l'ordre enregistré par le langage, qui fait le lien entre les expériences de l'individu et l'expérience commune ou traditionnelle. Mais s'il est ainsi plus cohérent, il est aussi plus fragile, comme le plus récent des deux. La névrose, la simple fatigue de l'écolier après sa journée de travail peuvent le perturber. Les expériences de Bogatchenko (1) montrent la dissociation possible des deux systèmes. L'enfant dressé à réagir de façon différente à deux lumières de couleur différente fera de l'acte accompli, correctement ou non, un compte rendu erroné. Les stéréotypes purement verbaux sont facilement troublés par un léger changement dans leurs conditions de reproduction. Ivachtchenko (2) fait apprendre à des enfants sept paires de mots. S'il vient à les faire répéter dans un ordre différent, par exemple en commençant par la dernière ou l'avant-dernière, des confusions, des pertes de souvenir se produisent dans l'une ou l'autre paire, les temps de latence entre le premier et Je second mot deviennent plus longs. Bref, on peut constater des irradiations ou des inhibitions fautives. Malgré les significations qui appartiennent essentiellement à sa fonction et qui en soutiennent l'édifice, le langage reste soumis aux conditions communes de l'A.N.S.

La théorie des réflexes conditionnels prétend les mettre à la base de toute l'activité psychique, qui est une manifestation de l'activité nerveuse supérieure, mais elle ne prétend pas ramener à eux toute l'explication. Bien au contraire, leur office est de lier l'être vivant au milieu et de diversifier ses contacts avec ce milieu. Par là, ils tendent à le hausser vers des formes de relations toujours plus nombreuses et finalement d'une espèce nouvelle, quand les circonstances en offrent l'occasion. Pavlov croyait transmissibles

(1) Bogatchenko, Influence de la journée scolaire sur les liaisons conditionnelles et l'interaction entre premier et deuxième systèmes de signalisation, ouvrage cité.

(2) Ivachtchenko, Recherches sur l'activité analytico-synthétique des enfants par la méthode des associations, ouvrage cité.

Pavlov croyait transmissibles à l'espèce par hérédité ces acquisitions lorsqu'elles sont confirmées par une certaine constance du milieu. Toute forme nouvelle de relations enrichit d'ailleurs le milieu et le transforme. Ainsi, le second système de signalisation a superposé au milieu physique le milieu social où l'homme trouve aujourd'hui ses motifs les plus courants d'activité. Mais il n'en reste pas moins soumis aux lois de l'A.N.S. qui continuent de régler toutes ses conduites, si différentes qu'elles soient par leur objet et par leur structure des réflexes conditionnels relatifs à la vie organique. Ainsi, le matérialisme dialectique rend-il compte à la fois de l'identité originelle et des diversités acquises.

  • Source: Revue numérique Persée